Le retour programmé de la politique réelle

Publié le par Sébastien Leprat

Normalement rythmée par les autorités politiques ou par les impulsions populaires (via le référendum ou l’initiative), la politique s’emballe parfois. Quitte à verser dans la plus totale abstraction, il arrive que le débat s’émancipe de ce carcan. Régulièrement, l’arène politique nourrit en effet des discussions totalement indépendantes de l’agenda fédéral « institué ».

Comme tous les citoyens, les élus démontrent ainsi qu’ils savent se libérer des « tutelles » institutionnelles, associatives ou corporatistes. En ce début d’année, les récents exemples ne manquent pas. Pêle-mêle, on retiendra par exemple les débats franco-suisses sur la pratique des forfaits fiscaux, les élucubrations d’un ministre cantonal relatives au financement du système de l’assurance maladie, ou bien encore les affabulations d’un parti gouvernemental qui tente d’expliquer au peuple que le marxisme règne sur l’Helvétie depuis les nuit des temps. Malgré l’agenda des votations, face aux impératifs de la politique réelle, janvier 2007 restera donc un superbe exemple de politique virtuelle. Incontestablement, nous avons la chance de vivre dans un pays qui peut s’offrir le luxe de privilégier une telle liberté de parole. C’est un beau pied de nez à tous ceux qui pensent que nous vivons dans une société liberticide, une superbe réplique à toutes les plumes aigries qui s’évertuent à démontrer que la lutte contre le tabagisme ou l’insécurité routière (…) ne serait que la face cachée d’une politique qui opprimerait le libre arbitre des individus. Gageons qu’elles comprendront sans doute un jour que dans une société libérale, si l’excès d’idéologie participe à la construction des solutions, il ne sera jamais aux avant-postes de la politique réelle. Sans créer de lien avec la réalité, l’idéologie est en effet superflue. Fort heureusement, la politique restera donc toujours l’art de rendre possible ce qui est nécessaire et non l’enceinte privilégiée des doctrinaires. L'excès d'idéologie devra donc prochainement céder le pas à la politique réelle. Première étape qui peut être datée avec certitude: le 11 mars 2007, lorsque le peuple rendra son verdict sur la caisse unique et exprimera un NON clair dans l’urne.

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Publié dans politics

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