Le PS ou l’illusion de la compétence économique

Publié le par Sébastien Leprat

12 avril 2006

En 2006, les camarades tentent de découvrir les vertus de l’économie de marché… cqfd

Lors d’un point de presse, le PS a présenté un programme de politique économique qui se veut plus « pragmatique ». Les camarades n’osent toutefois pas prononcer les mots qui fâchent. Afin de masquer leurs « errements », le confort du verbiage technocratique est de rigueur. Au terme libéral, il substitue donc celui de régulation. Pour le moment, leurs « idées » relatives à l’avenir de Swisscom heurtent de front cette recherche conceptuelle de modernité.

Du bout des lèvres, le PS tente ainsi de reconnaître les bienfaits de l’« économie de marché ». Emportés par un excès de zèle dont ils sont souvent coutumiers, certains professionnels de la mercatique diront peut être demain que le PS s’engage en faveur d’un libéralisme à visage humain (…) ! Dans la douleur, les camarades tentent donc de tourner la page du marxisme. Malheureusement, le jour de cette tentative d’aggiornamento médiatique, Swisscom est épinglée pour concurrence déloyale. Le monopole public de la téléphonie risque de payer près de 500 millions d’amende pour abus de position dominante. La commission de la concurrence, l’organe régulateur suprême de l’économie suisse fraîchement plébiscité par les socialistes, a donc enfin rendu la justice économique. Pour autant, la gauche ne change pas d’un iota sa position sur l’avenir de notre fleuron national des télécommunications. D’après la gauche, vendre Swisscom, accepter les règles de l’économie de marché, c’est vendre les bijoux de famille et faire place net au « libéralisme le plus sauvage ». Même l’idée d’une cession partielle du capital avec un maintien de la Confédération en position d’actionnaire majoritaire n’a trouve pas un écho favorable auprès de cette « nouvelle gauche ». Les bonnes intentions sont donc très rapidement rattrapées par les faits. Entre les paroles et les actes, il reste donc quelques distances que le PS peine à franchir. Chez les conservateurs de gauche, l’apprentissage de la modernité est douloureux. Dans l’attente de jours meilleurs, ils nourrissent pour le moment l’illusion de la compétence économique…

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Publié dans politics

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