Article constitutionnel sur la formation : Une révolution bien suisse

Publié le par Sébastien Leprat

20 avril 2006

Patiemment négocié, l’article constitutionnel sur la formation sera le déclencheur de profondes réformes de l’école

Le 21 mai prochain, le peuple suisse se prononcera sur plusieurs dispositions constitutionnelles qui transformeront nos écoles. Dans un jeu de relation plus étroit, les cantons et la Confédération devront tirer à la même corde. Lentement mais sûrement, toutes les institutions scolaires seront invitées à poursuivre des objectifs de qualité plus soutenus.

Exempte de toutes excessives idéologies, la votation du 21 mai prochain sera le point de départ d’une grande réforme de notre système scolaire. Le 21 mai, nous ne définirons que la feuille de route. Par la suite, il faudra tracer la voie à suivre.

 

Dans le vaste domaine de la formation, il s’agira simplement de dire qui fait quoi et dans quelle direction. C'est dans cet esprit que les chambres fédérales ont travaillé. Le projet s'attache à fixer des objectifs d'harmonisation réalistes formulés en termes généraux. Ainsi, l'âge d'entrée à l'école, la durée et les objectifs des niveaux d'enseignement et la reconnaissance des diplômes seront harmonisés dans tout le pays. A l'issue d'un large débat, les cantons et la Confédération se sont accordés sur la ligne de conduite qu'ils entendent poursuivre à cette fin: Si les ententes inter-cantonales n'accouchent pas de décisions concrètes, la Confédération pourra intervenir. Les cantons comme la Confédération devront trouver des solutions sur des problèmes de la plus haute importance pour notre pays.

 

Le chantier est de taille : L’adaptation de notre système scolaire aux impératifs d’une économie en mutation, la mission citoyenne d’une école qui devra nécessairement se pencher sur les problèmes d’intégration en favorisant par exemple l’enseignement des langues et l’éducation civique (…) sont autant d’enjeux qui occuperont enfin une place de premier choix dans l’agenda politique. Lors du congrès de Glaris du 30 mars passé, le parti radical a défini les orientations générales qu’il entend poursuivre : Une scolarisation précoce, le retour des notes à l’école, l’évaluation et la comparaison des performances, l’investissement dans le personnel enseignement, l’excellence dans l’apprentissage des langues et le libre choix de l’enseignement seront des orientations promues par les radicaux. Les autres formations politiques devront définir leurs priorités.

 

Appelée pour le moment de ses vœux par une très large coalition politique, l’harmonisation scolaire ne sera donc pas un long fleuve tranquille. Derrière l’exigence procédurale du fédéralisme, se cachent en effet des débats politiques houleux. Le Parlement fédéral et la CDIP ont préparé une révolution politique. Bien helvète, elle sera lente mais déterminée.

 

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Publié dans politics

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