L’UDC inféodée

Publié le par Sébastien Leprat

30 mars 2006

Auparavant fière de son indépendance, la présidence des agrariens reçoit désormais ses ordres du gouvernement

Les agrariens ont prospéré sur l’indépendance et la liberté de ton vis à vis des autorités. Seuls contre tous et oublieux de leurs positions majoritaires dans certains cantons, ils étaient les supposées victimes d’un système politique présumé sourd aux appels du peuple. Avec constance, ils ont construit leur dynamique en usant de la carte du minoritaire opprimé. Désormais aux commandes, ils exploitent les coulisses d’un pouvoir jadis tant décrié. Tel un président de parti, le leader gouvernemental de l’UDC inspire toutes les actions de sa famille politique. Inféodée à son ministre, l’UDC n’est plus que l’ombre d’elle-même.

La menace d’un référendum lancé contre le fonds de cohésion européen illustre à merveille ce mouvement. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre les motifs de cette annonce. Probablement informée par son ministre, la centrale du parti connaissait sans doute les difficultés gouvernementales pour dégager 100 millions par an sur les budgets du DFAE et du DFE. Le doigt sur la couture, sans jamais nourrir l’ambition de stimuler le débat à l’interne, les instances du parti attendent vaillamment les instructions de leur ministre.

 

 Le ministre gouverne donc son parti par procuration. Jamais avare de conseils bienveillants, toujours animé de prétentions paternalistes, il alimente sa famille grâce aux informations internes à la machine gouvernementale. Naïvement, nombreux sont ceux qui prêtent au parti une dynamique interne. En réalité, depuis les élections fédérales de 03, le parti nationaliste ne fait que suivre les injonctions de son conseiller fédéral. Aucune nouvelle idée n’est produite par les assemblées du parti, aucun débat interne ne se définit. Grossièrement, les agrariens nourrissent l’illusion de la performance alors qu’ils entretiennent la clémence.

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Publié dans politics

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