L’impunité, un nouveau visage pour l’irresponsabilité

Publié le par Sébastien Leprat

23 mars 2006

Sans égard pour leurs nouvelles responsabilités, les chefs des deux principaux partis de gouvernement excellent dans l’impunité

 

Toujours plus portée par la quête de l’immédiat, la politique suisse se débride. Malheureusement, le quantitatif impose ses vues. La qualité des débats s’en ressent. Les propositions populistes, irréalistes et irresponsables se multiplient. Cette dérive n’est pas nouvelle. En revanche, son amplification dans des partis de gouvernement illustre une innovation dont on peine à percevoir quelques issues. Sans complexe, des familles politiques de gauche comme de droite qui agissent au cœur de nos institutions épousent l’impunité sans se soucier de leurs responsabilités.

Ainsi, dans les colonnes d’un grand quotidien romand, le Président du PSS s’épanche sans complexe sur la formule magique qui offrira aux camarades l’opportunité de sortir la tête haute des contorsions rhétoriques européennes dans lesquelles ils se sont enfermés. Sans se soucier de subir les foudres de la critique ni même sans craindre le ridicule, il nous explique qu’il sera demain possible de rejoindre l’UE par un simple tour de passe-passe. L’idée qui fera taire les tensions internes est simple : Augmentons la TVA de dix points et assurons ainsi la gratuité des soins à la population. Au diable les responsabilités gouvernementales. L’hyper idéologie, l’œuf de Colomb qui permettra de réconforter l’inconciliable est à portée de main. De même, en écartant d’un revers de main bistrotier toutes dispositions légales et constitutionnelles, d’autres s’époumonent à l’idée de supprimer le statut de binational ou de retirer la nationalité en fonction du casier judiciaire. Etonnement, la critique est muette. Les observateurs de la vie politique se murent dans le silence et légitiment ainsi une forme de droit à l’impunité dans le débat public.

Enfin, au-delà du débat de fonds, les auteurs politique de ce mauvais scénario ne respectent plus les préceptes théâtraux de la règle de trois. L’indispensable unité de temps, de lieu et d’action ne constitue plus un soucis majeur. La bonne personne, au bon endroit et au bon moment se fait rare. L’essentiel est d’exister à tous prix, de survivre dans un univers médiatico-politique orienté vers une concurrence aveuglée par l’émotion et l’instantané. Bref, l’essentiel n’est plus d’agir mais de paraître. Que dirait-on d’une présidence du parti radicale qui ferait preuve d’autant de légèreté et d’irresponsabilité ?

 

 

 

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Publié dans politics

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