La démocratie locale en panne

Publié le par Sébastien Leprat

9 mars 2006

L’abstention massive des électeurs dans le canton de Fribourg fausse l’analyse du scrutin communal

Traditionnellement, les élections communales mobilisent l’électorat. Proches des préoccupations quotidiennes des citoyens, les élus locaux jouent un rôle central dans le fonctionnement de notre démocratie. Pourtant, le week-end passé, seul un tiers des électeurs fribourgeois s’est déplacé aux urnes.

Les partis politiques connaissent les difficultés de la milice. Sans l’engagement passionné et bénévole de leurs membres, leur apport au débat public serait bien terne. Dorénavant, dans un climat de suspicion croissant à l’encontre des élus, la tâche des partis est ardue. Bien ancrée dans la vie locale, les radicaux ont pris conscience depuis longtemps de cette évolution. Lors de la précédente législature, à l’occasion d’un séminaire consacré au travail bénévole, le PRDS avait d’ailleurs lancé un appel affin de sensibiliser l’opinion publique à cette inquiétante évolution sociétale. Au-delà de la faible considération dont soufre les citoyens qui consacrent leurs loisirs au bien public, il devient très difficile d’engager des projets. Sans adhésion de la population à des projets, en l’absence de légitimité, les responsables des politiques publiques sont impuissants. Plusieurs idées germent. Dans les cantons romands, le droit de vote des étrangers, systématiquement soutenu ou initié par les radicaux, fait le pari d’une intégration par les urnes. A Berne, l’idée de relancer le partenariat public-privé, telle que celle déposée pendant cette session par Didier Burkhalter, progresse dans les esprits. Ces initiatives sont les bienvenues. Elles auront pour vocation de régénérer notre sentiment d’appartenance. Notre démocratie locale est victime d’une incontournable nationalisation du débat public. Soucieuse de cette évolution, les collectivités locales réagissent. A l’occasion d’un séminaire récent consacré à la politique de la ville, les militants radicaux engagés dans la gestion communale ont d’ailleurs proposé quelques pistes de réformes. Sans tabou, ils ont discuté des fusions de communes, des nécessaires logiques régionales (en matière notamment de transports ou de formation) ou bien encore de l’idée d’une « agglomération suisse » … La récente désertion des urnes fribourgeoise mérite dorénavant une accélération du débat sur l’avenir de notre démocratie locale.

 

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Publié dans politics

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