Le patriotisme économique au sommet de sa gloire

Publié le par Sébastien Leprat

19 janvier 2006

Les valeurs patriotiques font recettes

Autrefois annoncées avec froideur, les privatisations illustraient un discours politique désincarné. Peu soucieuses des spécificités culturelles nationales, elles semblaient être partout, à tous moments et dans toutes circonstances opportunes. Le credo budgétaire prenait le pas sur la politique. Aujourd’hui, le patriotisme économique exprime en retour salutaire du politique.

Les débats strictement budgétaires ne correspondent plus aux aspirations des citoyens. La politique économique s’est trop longtemps perdue dans les détails des plans comptables. Grâce aux sentiments d’appartenance à une communauté de destins, elle peut dorénavant retrouver du souffle. Trop longtemps, l’Etat était pensé comme étant le lien exclusif entre le citoyen et le sort de son pays. Que les prestations soient à la hausse ou à la baisse, nous entretenions une approche purement matérialiste du rôle de l’appareil étatique.

Au cœur des institutions, nous avons transposé une mentalité vénale qui fleurait bon le marxisme. Le budget servait de grille de lecture afin de comprendre l’ « état de la nation ». Sans crédits, point de salut ! Prisonnière de cette lecture inachevée de la politique, la gauche tente désespérément de faire vivre cette approche. Parfois en position de majorité, elle répond aux exigences de la rigueur financière en expliquant qu’il faut réduire les charges et augmenter les recettes. C’est du moins la ligne de conduite que poursuit le gouvernement majoritairement de gauche à Neuchâtel. Un tel discours démontre donc une fois de plus que les camarades ne pensent la relation du citoyen à la politique que dans le lien étroit qui unit ce dernier à son budget. Otage des procédures comptables, la gauche est incapable d’agir en termes d’impulsions. Soucieuse de préserver l’acquis, elle rejette l’idée qu’une baisse de l’imposition et le pari de l’initiative privée pourraient relancer la croissance.

Le patriotisme économique prôné par le gouvernement De Villepin en France offre pourtant des signes encourageants. Fiers de leur patrimoine bâtit au fil de l’histoire hexagonale, les Français se sont rués sur les actions d’EDF. En moins de trois semaines, cinq millions d’entre eux ont investi dans ce fleuron national. Swisscom est une entreprise emblématique d’une fierté nationale intimement liée à notre politique d’infrastructure. Cette entreprise est fortement ancrée dans l’histoire de la Confédération. Il est donc opportun d’exalter le patriotisme économique afin de maintenir un pouvoir de décision en mains helvètes. D’autre part, cette solution ne péjore pas le potentiel de développement international de Swisscom. Encore faudra-t-il toujours se souvenir que le véritable patriotisme se consume dans le repli et grandit dans l’ouverture…

 

 

 

 

 

 

Publicité

Publié dans politics

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article