Zapatero tourne le dos à langélisme
8 septembre 2005
Pendant ce temps, la gauche suisse regarde une fois de plus passer le train
En Espagne, la révolution démocrate est en marche. Pragmatique, le gouvernement Zapatero bouscule les tabous qui traversent depuis longtemps la péninsule ibérique. L’angélisme conservateur de gauche, comme le laissez-faire économique de la droite, n’ont plus droit de cité. Cet été, sur la question sensible des cultures OGM, le gouvernement Zapatero a confirmé cette orientation. Contre l’angélisme dominant, il a choisi de privilégier les contrôles face interdictions.
Seul le PSS pratique le « standby intellectuel ». Les autres partis socialistes européens connaissent une culture du débat bien plus développée. A l’interne, les discussions sont vives, la réflexion progresse. Derrière les conflits de personnalités, en marge des oppositions Hollande/Fabius ou Lafontaine/Schröeder, de véritables réflexions existent sur l’avenir de la sociale démocratie. Pendant ce temps, le PSS reste prisonnier d’une idéologie marxisante et est incapable de faire son aggiornamento. La gauche suisse prisonnière de l’idéologie marxisante Le 27 novembre prochain, le peuple suisse se prononcera sur une initiative, lancée par la gauche et les verts, qui a pour objectif d’interdire l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés dans l’agriculture pendant cinq années. Figé sur une posture idéologique, l’angélisme de gauche nie une fois de plus les réalités. La coexistence des cultures existe depuis fort longtemps et la loi trouve des réponses appropriées afin d’imposer des distances de sécurité entre les cultures OGM et les autres (conventionnelles et biologiques). En Suisse, comme toujours, la loi est méticuleuse, le soucis du détail sécuritaire est soigné. Toutes les précautions sont intégrées dans la Genlex. Malgré d’intenses discussions et moult compromis, relatés avec transparence par le film « le génie helvétique », les adversaires abandonnent l’arme référendaire et saisissent l’initiative afin d’imposer une interdiction générale. En ligne de mire, les arrangements supposés d’une industrie qui serait sciemment entrain de se répartir les marchés mondiaux, sans considération pour la sécurité alimentaire ou l’environnement. Face aux réalités, la gauche gouvernementale cède donc une fois de plus à l’angélisme. Toujours arc-boutée sur de vielles lubies marxisantes le PSS épouse inlassablement la théorie du complot. Le PSS incapable de faire son aggiornamento Le débat sur les OGM qui s’annonce est tout à fait significatif de l’incapacité de la gauche suisse à repenser son rôle. Confortablement installée dans sa position de minoritaire opprimée, la gauche suisse ressasse des idées et des sentiments post soixante-huitards. Contrairement à ses cousins européens, le PSS n’a jamais connu l’exercice intellectuellement fécond des responsabilités gouvernementales. La pression du temps et de l’action politique est une donnée inconnue dans les sphères socialistes helvètes. Depuis des années, son attentisme traduit essentiellement une volonté tactique de « récupérer » les erreurs commises par les partis bourgeois. Passivement, le PSS prospère sans pour autant souscrire à l’exercice de la régénération, figure de style pourtant incontournable dans les autres formations politiques. Le texte fondateur du PSS est d’ailleurs toujours inchangé. Encore empreint de références marxistes, il s’attache à condamner le capitalisme et à glorifier la lutte des classes. Sa révision sans cesse annoncée depuis quinze ans n’est décidément pas prête d’aboutir.