De loutrance au grotesque
11 août 2005
Quand le populisme perd le contrôle du débat politique !
Néonazis aux premières loges, fondamentalistes religieux sous les projecteurs, marxistes galvanisés à l’idée de rejeter leurs anciens camarades de l’est, l’actualité politique regorge d’exemples grotesques. Le débat public, jusqu’à présent coutumier des outrances populistes, s’enflamme. Les extrémistes connaissent leurs heures de gloire. Le populisme récolte les fruits de son activisme.
Les professionnels du discrédit ne doivent pas dormir sur leurs deux oreilles. Le spectacle d’un conseiller fédéral conspué par des énergumènes aussi lobotomisés qu’enivrés agite les consciences. Le sobriquet de demi-portion attribué à un ministre et sournoisement distillé auprès du grand public laisse des traces. Le poids des mots outranciers développe ses effets. Le lent et systématique dénigrement de l’action politique et des institutions accouche d’une progéniture embarrassante. Une progéniture qui se sent dorénavant pousser des ailes, autorisée à invectiver, légitimée dans sa folie.
Parallèlement, les conservateurs, jadis admiratifs d’une Pologne catholique et résistante aux pressions communistes, sont atteints d’amnésie. Pour les besoins de « la cause », ils agitent dorénavant le spectre d’un plombier polonais transformé en envahisseur. A gauche, les zélés partisans d’une révolution prolétaire internationale abandonnent leurs idéaux. Par crainte d’une concurrence salariale imaginaire, ils rétrécissent leur champ de vision au point d’encenser le réduit national. Pendant ce temps, le fondamentalisme religieux n’accepte pas les règles du jeu démocratique. Dans sa posture de censeur d’un monde culturel déjà malmené par une vague néo-conservatrice, l’intégrisme spirituel tente une fois de plus de culpabiliser les femmes en détresse face à l’IVG… Cette torpeur politique estivale - qui fort heureusement s’achève - ne livrera pas une contribution significative aux historiens. Juillet-août 05, des mois à oublier. Au plus vite !