Le calme a raison de la tempête

Publié le par Sébastien Leprat

18 août 2005

La Suisse aborde sereinement le scrutin du 25 septembre

A six semaines de la votation sur l’extension de la libre circulation des personnes aux dix nouveaux pays membres de l’UE, les citoyens helvètes entretiennent une légendaire sagesse. Après le référendum hexagonal de mai passé, un français serait probablement impressionné par la maturité démocratique des suisses. Une maturité façonnée par des pratiques politiques développées par les radicaux depuis 1848.

Face au débat honnête et structuré, les nationalistes tentent d’écarter cette exception culturelle. Comme souvent, ils essaient d’épouser une rhétorique qui favorise le dénigrement. Un discours qui rappelle les joutes hexagonales.

Les nationalistes qui prétendent être les authentiques patriotes, les seuls défenseurs de l’ « exception culturelle » suisse, les gardiens du temple démocratique, préfèrent en effet épouser des stratégies politiques étrangères. A bout de souffle, en panne d’arguments, les élites nationalistes improvisent donc des rafarinades. Le poète de Savièse oublie par exemple son gracieux salaire généreusement versé par la main publique et s’érige en défenseur de la « suisse d’en bas ».

Avec suffisance, appâtés par une hypothétique masse électorale supposée uniforme, les élites de la droite nationaliste dévoilent leurs vrais visages : Les règles de la démocratie suisse les indisposent. Mal à l’aise dans un climat de discussion apaisé, forts de leurs ressentiments vis-à-vis d’un modèle politique tout entier tourné vers le citoyen, assoiffés par un désir de puissance, ils tentent en vain de créer artificiellement un climat d’insurrection. La Suisse d’en bas serait la dernière arme rhétorique pré-révolutionnaire. Pour eux, le calme n’aura jamais raison de la tempête…

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Publié dans politics

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