La psychothérapie de groupe est terminée
9 juin 2005
La démocratie peut reprendre ses droits
La campagne relative aux accords de Schengen/Dublin était une psychothérapie de groupe. Animée sur le registre de la peur, elle ne restera pas dans les annales. Le bon sens a néanmoins gagné. Le peuple confirme le génie helvétique.
En fin de campagne, tous les maux de notre société animaient un concert de protestations. Les accords de coopération policière Schengen/Dublin étaient subitement responsables du taux de chômage, de la faible croissance, du laxisme dans la politique de migration…
Au-delà de l’incohérence des propos, plusieurs signes trahissent une pathologie inquiétante. Les mouvements qui entretiennent la confusion ne s’engagent pas dans un débat politique, mais plutôt dans une psychothérapie de groupe. Pourtant présents au conseil fédéral depuis 1929, les agrariens nourrissent l’illusion d’être le parti de l’opposition. A cette fin, la psychologie des masses est allègrement utilisée, quitte à écarter systématiquement des membres de la famille accusés de trahir la cause.
Ainsi, en fin de campagne et par presse interposée, Samuel Schmid est-il passé du statut de demi conseiller Fédéral à celui de chiffe molle. Pour l’extension des premiers accords bilatéraux aux nouveaux pays membres de l’UE, les manœuvres d’intimidation débutent déjà. Ceux qui ne se plient pas à la doctrine subissent les foudres du parti. La participation, le débat interne au parti, affole les caciques de la droite nationaliste.
Pourtant, malgré toutes les tentatives de déstabilisation, l’UDC s’est une fois de plus heurté à la solide portion d’électeurs qui avaient déjà plébiscité l’ONU. Plus d’un quart de millions de citoyens rejettent la confusion. En panne d’idées, l’UDC, cette machine à perdre, ne retient pas les leçons du scrutin de dimanche passé. Orpheline de son leader charismatique, elle poursuit sa psychothérapie pendant que la démocratie reprend ses droits.