Préservons le principe d’égalité devant l’emploi public

Publié le par Sébastien Leprat

2 juin 2005

Avant d’être germanophones, francophones ou italophones, nous sommes tous Suisses !

Dans une entrevue accordée à la NZZ am Sonntag dimanche passé, la chancelière de la Confédération Anne-Marie Huber-Hotz déclare que les candidatures masculines et alémaniques ont actuellement peu de chance d’intégrer l’administration fédérale. Le groupe radical libéral latin considère que de tels propos sont déplacés et n’avantagent pas les minorités latines. Une délégation radicale libérale latine rencontrera prochainement la chancelière à ce sujet.

A travers ses propos, la Chancelière dresse les communautés linguistiques et culturelles les unes contre les autres. Dans un souci d’équité, elle affaiblit la notion libérale d’égalité des chances.

 

 

L’équité, le marche pied du différentialisme ?

 

 

Le différentialisme poursuit une stratégie toujours identique qui peut être déclinée en trois temps. Il s’attache tout d’abord à l’identification d’une différence (il s’agit de doter un groupe d’une identité positive), puis engage un mouvement de victimisation en dénonçant à grands cris les discriminations. Enfin, dans un troisième temps, il formule des réclamations (exigence d’un dédommagement). Avec une telle logique, nous instituons un droit à l’inégalité réparatrice, une permission d’être injuste dans le bon sens. C’est la consécration de l’équité au détriment de l’égalité. C’est la défaite de l’égalité des chances au profit de l’égalité des résultats. A raison, le groupe radical libéral latin rejette donc cette conception (voir article de John Dupraz en rubrique actualité) différentialiste et encourage les autorités à respecter les minorités.

 

 

Pour une approche libérale de l’égalité

 

 

Il faudra néanmoins s’habituer à de telles pratiques. En appliquant les préceptes de la mercatique, la politique s’ingénue à déterminer des groupes cibles, à les flatter puis à leur promettre un monde meilleur.

 

Les quotas constituent l’expression la plus visible de cette tendance. En Suisse, ils n’ont pas besoin d’une base légale. Dans un pays qui cultive le corporatisme, les revendications catégorielles cimentent une mentalité discriminatoire, une forme de psychologie des quotas. De jure, la discrimination positive n’a pas sa place. De facto, elle domine l’espace public. Si les propos récents de la chancelière en témoignent, ils ne sont toutefois pas empreints d’une vision libérale de l’égalité. Ils n’expriment pas une vison qui a pour ambition de corriger les inégalités en droit sans prétendre répondre à toutes les inégalités de fait.

 

 

Afficher l’ambition de répondre à toutes ces inégalités de fait, c’est faire le lit des différentialistes qui exacerbent des cas particuliers afin de les imposer à la majorité. Agir ainsi, c’est confondre la fin (juste représentation des communautés culturelles) et les moyens (égalité d’accès à l’emploi public).

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Publié dans politics

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