De la désunion au cartel ?

Publié le par Sébastien Leprat

Encore unies il y a quelques jours, les gauches ne peuvent plus contenir leurs enthousiasmes et les belles ententes de façade volent en éclats. Appâtées par les ors du pouvoir, les gauches  se livrent une bataille sans merci dont les contours sont bien connus. Ce conflit oppose les conservateurs aux libertaires. Ensemble, lorsque les « grands soirs » seront proches, ils sauront probablement masquer leurs dissensions et pratiquer comme à l’accoutumée l’art du cartel…

Au fil des déclarations, les traditionnelles tensions trop longtemps différées resurgissent. L’axe socialo-communiste incarne à merveille l’aile conservatrice désormais consolidée par les récentes alliances vaudoises et jurassiennes. Dans ces deux cantons, le PS s’allie sans complexe avec le POP et tourne définitivement la page de la tentation sociale-démocrate. Le désir d’aggiornamento effleuré par un quarteron de socialistes alémaniques lors de la dernière législature ne trouve plus d’adeptes parmi les camarades. La tentation pseudo-libérale décrite dans le manifeste du Gurten est archivée.  Arc-boutés sur la défense des acquis, les socialo-communistes orchestrent le repli.

Quant aux verts, ils semblent de nouveaux agités par les irrésistibles réflexes libertaires. Les héritiers de 68 aiment toujours autant la gauche mais rejettent son obsession du collectif. Ils exècrent toujours autant l’ordre établi mais peinent à s’organiser dans le respect des principes démocratiques. A en juger par les récentes déclarations de leurs « leaders », il se peut que le parti retombe prochainement dans ses travers. Les sempiternelles luttes de clans, les compulsives batailles de « mouvements » sont programmées. Daniel Brelaz n’est-il pas le premier à mettre de l’huile sur le feu ? Lorsqu’il dénonce violemment les « syndicats surannés » avant d’essuyer un échec devant ses troupes en appelant à la grande alliance avec les popistes, n’est-il pas l’homme orchestre d’un « désordre spontané » dont les verts sont coutumiers ?

Les gauches sont donc à nue. La gauche plurielle n’est plus et le pluriel de la gauche prend le dessus. Méfie-nous toutefois des « chasses-gardées ». Les villes de Genève ou de Lausanne en disent long sur le « népotisme » des gauches. Entre les gauches, les ententes cartellaires sont légion.

 

 

 

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Publié dans politics

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