Quand les référendaires insultent les fonctionnaires

Publié le par Sébastien Leprat

10 août 2006

Les arguments de campagne du comité 2X non le 24 septembre sont édifiants. Face aux recommandations du Conseil fédéral en faveur de la révision de la loi sur l’asile, les opposants spéculent sur d’éventuels dysfonctionnements administratifs. Une fois acceptée par le peuple, elle serait appliquée par l’Etat forcément de manière « inhumaine ». Au lendemain du 24 septembre, les fonctionnaires fédéraux se transformeraient donc en véritables « tortionnaires ». Quant aux juges, ils seraient les fossoyeurs des droits de l’homme…

La révision propose, par exemple, d’étendre la durée maximale de détention (en vue de l’exécution du renvoi ou pour insoumission). Le juge compétent pourra à tout moment et en toute liberté, décider d’interrompre ou de prolonger la détention sans toutefois dépasser la durée légale de 24 mois.

Aux fonctionnaires fédéraux chargés d’appliquer cette loi, les référendaires répondent que « les tortionnaires aussi disent que la torture s’arrêtera lorsque le supplicié parlera » ! Dans le même esprit, sans nuance et sans égard pour la rigueur professionnelle de nos magistrats de l’ordre judiciaire, ils ajoutent que « l’appréciation du juge sur l’opportunité de la détention sera essentiellement subjective »…

A défaut de trouver de véritables arguments politiques, ces procès d’intention sont courants dans la bouche des opposants. Les fonctionnaires fédéraux autrefois loués pour leur grande rigueur seraient désormais des « Maurice Papon » en puissance.

En coulisse, ils se prépareraient à violer les règles élémentaires de la démocratie. Sans égard pour leurs supérieurs hiérarchiques et oublieux de la volonté du souverain, ils fomenteraient de sombres desseins fascisants. A ce jour, un seul fait est avéré: aucun employé de la Confédération n’a quitté ses fonctions en faisant jouer la clause de conscience (cqfd).

Fort heureusement, dans une démocratie moderne, dans un Etat libéral habitué à la pondération et à la recherche d’équilibre, ces excès de langage ne devraient pas faire illusion…

 

 

 

 

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Publié dans politics

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