Votation du 24 septembre : Les paradoxes européens de la politique suisse

Publié le par Sébastien Leprat

7 juillet 2006

Le 24 septembre prochain, les citoyens se prononceront sur trois sujets à fortes connotations européennes. Les politiques migratoires (Schengen/Dublin) et monétaires (indépendance des banques centrales et euro) sont les actions les plus significatives engagées par l’UE au cours des trente dernières années. Lors des prochaines votations, les citoyens suisses, à l’image de leurs voisins, auront également l’occasion de consolider l’indépendance de la banque centrale suisse et de privilégier la libre circulation des européens.

Paradoxalement, la gauche qui vient pourtant de réaffirmer son attachement à l’adhésion de la Suisse à l’UE, propose aux électeurs de s’engager dans une direction totalement opposée à celle de la communauté européenne.

Avec l’initiative COSA, elle suggère en effet de remettre en question l’indépendance de la BNS et donc d’affaiblir la politique monétaire.

D’autre part, en rejetant les révisions des lois sur l’asile et sur les étrangers, elle se heurte à l’UE qui juge que ces révisions sont « totalement compatibles avec ses propres directives en matière de politique migratoire ».

 Ajoutons à cette cacophonie un détail piquant : C. Blocher, le leader de la droite nationaliste qui a bâti sa carrière politique en fustigeant l’UE, se retrouve contraint d’engager la Suisse dans une politique migratoire parfaitement euro-compatible…

 

Après le rapport de politique européenne du conseil fédéral, les Suisses peuvent donc démontrer qu’ils refusent de penser l’Europe telle que certains la rêvent. Une fois de plus, ils démontreront probablement qu’ils souhaitent plutôt la considérer telle qu’elle se fait.

 

 

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Publié dans politics

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