L’impossible ni-ni

Publié le par Sébastien Leprat

8 décembre 2005

A juste titre, le Conseil Fédéral entend céder sa participation dans le capital de Swisscom. Dans un marché dynamique et mondialisé aussi vif que celui des télécommunications, cette proposition est frappée au coin du bon sens. L’entreprise Swisscom doit être en mesure d’élaborer librement sa stratégie de développement.

La crainte d’un service public défaillant n’est d’autre part pas fondée puisque la loi garantit le service universel. Les opérateurs de téléphonie agissent en effet dans un cadre légal très précis et contraignant. Pourtant, l’idéologie reprend le dessus et les conservateurs déploient sans complexe leur propagande en faveur d’un monopole public qui n’a plus de raison d’être. Face aux claires réalités du marché, ils opposent des solutions budgétaires interventionnistes et écartent le modèle de la régulation. Même si le scénario est déjà écrit, le débat aux chambres promet donc d’être animé. La marge de manœuvre du Parlement est pourtant quasi nulle. Les joutes oratoires promettent d’être stériles. Pratiquer la non-décision pourrait être dommageable pour l’entreprise. Revendiquer un compromis sur le niveau de participation de la Confédération n’est pas une réponse appropriée. La Confédération n’assumera pas les risques liés à l’expansion internationale de la société Swisscom. Vaccinés contre de telles aventures après les déboires de Swissair, les pouvoirs publics exigent dorénavant à juste titre des réponses claires. Ceux qui revendiquent par idéologie l’application de la maxime mitterrandienne « ni-privatisation/ni-nationalisation » se trompent de débat. Swisscom, comme la Confédération ne pourront se satisfaire du ni-ni.

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Publié dans politics

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