Quand indifférence populaire rime avec paix confédérale !

Publié le par Sébastien Leprat

24 mai 2006

Les nouveaux articles sur la formation sont donc sous toit. Avec plus de 85% de votes positifs, le peuple a plébiscité un compromis très largement façonné par les cantons. Inscrite dans les tables de la loi constitutionnelle, l’harmonisation scolaire est donc en marche. Malheureusement, plus de 72% des citoyens ne se sont pas rendus aux urnes. Quand les cantons associent leurs forces, la passion de la réforme ne gagne pas le citoyen suisse.

Dans un (trop ?) large esprit de consensus, les autorités cantonales n’ont donc pas réussi à fortement imprégner le débat scolaire au sein de la population. Soucieuses de préserver la paix confédérale, animées par l’ambition de ne blesser personne, elles n’ont pas su stimuler un sentiment d’appartenance national. A contrario, quand les cantons se sont opposés au paquet fiscal, lorsqu’ils se crispent sur leurs acquis, ils sont en capacité de mobiliser plus de 51% des citoyens.

Ce mouvement s’inscrit dans une logique institutionnelle. Depuis 1848, la Suisse des cantons n’incarne pas l’élan de la réforme. Elle représente plutôt le conservatisme. Incapable de mobiliser les citoyens derrière un projet national, la Suisse des cantons s’attache à régler les détails ou à combattre d’éventuels risques.

Viscéralement attachée au scientisme constitutionnel qui nourrit et justifie le fédéralisme, la Suisse des cantons s’efforcent de maintenir les virgules légales à leurs places historiques. Soit-elle suscite l’indifférence quand elle protège ses intérêts, soit-elle sème la crainte du désordre quand elle risque de perdre une once de souveraineté. Perdue dans sa multitude, la Suisse des cantons n’est pas en mesure de créer l’enthousiasme.

Figée face aux projets nationaux, elle ne peut pas porter l’élan de la réforme. Le mouvement confédéral est ainsi fait. Par à-coups, les institutions cantonales sont tantôt bousculées tantôt confortées.

Depuis quelques années, le culte du petit écarte les desseins nationaux. Le souci de la gestion l’emporte sur l’urgence de la réforme. Ainsi, les cantons se replient sur leurs acquis. Logique donc qu’ils se heurtent à plus de 72% d’abstention. A défaut de projets mobilisateurs, ils invitent à voter pour préserver. Dans un tel contexte, l’indifférence du peuple est sans doute le prix à payer pour la paix confédérale…

 

 

 

 

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Publié dans politics

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