Caisse inique, COSA et faux-semblants
12 mai 2006
Parée de toutes les vertus, la gauche entend donc s’élever contre de supposées injustices dans notre système de protection sociale (assurance maladie et AVS). Avec l’initiative COSA ou la caisse unique, elle feint d’ignorer les lourdes contraintes budgétaires qui pèsent sur les cantons et la Confédération. Ainsi, elle n’assume pas sa nouvelle dimension gouvernementale.
Les anciens minoritaires opprimés n’ont pourtant plus l’excuse de l’irresponsabilité. Désormais aux commandes, ils ne peuvent plus se satisfaire des invectives antibourgeoises ou des procès d’intentions. Malgré leurs nouveaux habits ministériels, les logiques doctrinaires prennent pourtant le pas sur la réalité. Pour les mois à venir, elles s’appellent COSA ou caisse unique. Les chiffres sont pourtant clairs. Pour le financement de notre couverture maladie, les finances cantonales sont soumises à rude épreuve. Après s’être acquitté de sa prime, le citoyen est sollicité via l’impôt. Dans certains cantons, notre système de financement étatique de la couverture maladie atteint des proportions démesurées. Nos hôpitaux, nos médecins de ville ne sont pas sous tutelle des assureurs mais dépendent toujours plus de la main invisible de l’Etat. A Genève ou à Neuchâtel, pour le financement de notre système de santé, un franc sur deux provient de l’Etat. Dans un tel contexte, quelles que soient leurs couleurs politiques, des ministres ne peuvent décemment plus nourrir l’illusion d’une toute puissance des assurances privées. Une telle attitude confine à l’autisme. Enfin pendant que certains cantons couvrent la moitié des frais, d’autres se sont engagées dans de salutaires politiques de rationalisation. Les divergences cantonales sont de plus en plus criantes. Les valaisans ne sont pas soumis au même tarif fiscal que les genevois ou les neuchâtelois. Cette campagne permettra donc au citoyen-contribuable de comprendre le caractère inique de la caisse unique. De même, la répartition des gains de la banque nationale aide messieurs Hiller et Studer à boucler leurs budgets. Sans cette règle constitutionnelle, plusieurs millions de francs échapperont aux neuchâtelois et aux genevois. Malgré cela, les nouveaux « leader » des finances publiques romandes font la sourde oreille et entretiennent l’image d’un pragmatisme teinté de libéralisme. Eloignés des réalités, les faux-semblants ne résisteront pas à l’épreuve du temps et…des urnes.