L’écologie en voie d’émancipation politique ?

Publié le par Sébastien Leprat

4 novembre 2005

Si l’écologie ne se libère pas de la seule controverse sociologique, elle restera de gauche

Grâce à l’engagement de quelques esprits libres, l’écologie pourrait demain ne plus être otage d’une rhétorique de gauche. Pour le moment, l’opposition entre « Fundis» et modernes manque toutefois de clarté. Les positions politiques sont identiques. Le clivage parait essentiellement sociologique. Dès lors, la question reste ouverte : « Sex and the city » versus Woodstock ou véritable choix politique  entre libéraux et conservateurs ?

Au sein des verts, les écolos urbains semblent côtoyer avec difficultés le style patchouli et petite graine qui domine l’état d’esprit général. Pourtant, sur le terrain politique, verts libéraux et fundis déploient des argumentations strictement identiques (nucléaire ; OGM ; transports ; énergie…). Sur les grands sujets de société qui mobilisent tous les citoyens sensibles aux problèmes environnementaux, seule la rhétorique de gauche domine l’espace public. Seuls des facteurs tels que l’origine sociale, le mode de vie (…) semblent donc pour le moment opposer les représentants des verts libéraux aux verts conservateurs L’actuelle promotion du moratoire sur le génie génétique illustre à merveille cet état de fait. Certains écologistes qui revendiquent une philosophie libérale n’hésitent pas à épouser l’argumentation alter mondialiste. La théorie du complot est omniprésente. Pour la Présidente d’écologie libérale, les Suisses seraient par exemple les « rats de laboratoire » de l’industrie pharmaceutique. La protection de l’environnement mérite bien mieux que de telles invectives unilatéralement prononcées depuis des décennies par la gauche. L’écologie a besoin d’une confrontation de points de vue et d’idées. Face aux positions parfois extrêmes de la gauche, l’écologie libérale pourrait par exemple opposer l’investissement dans les technologies vertes. Pratiquer le suivisme ne rend pas service à la politique environnementale. Epouser une dialectique marxiste tout en revendiquant une philosophie libérale ne garantira pas l’émergence d’un véritable débat écologique. Actuellement, l’écologie n’a donc pas encore trouvé le chemin de l’émancipation politique.

 

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Publié dans politics

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